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Revenu de solidarité active (RSA)

Active solidarity income

Jusqu'à 635 € par mois pour les personnes sans ressources ou aux revenus très faibles — versé par la CAF.

≈ 7,200 €/an Complexité CAF (instructed by Conseil départemental)
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Le revenu de solidarité active (RSA) garantit un minimum de ressources aux personnes sans emploi ou aux revenus modestes. Près de 2 millions de foyers le perçoivent. Le RSA est calculé en complément des autres revenus du foyer, et son montant dépend de la composition familiale. La demande se fait en ligne sur caf.fr ou via le formulaire cerfa 15481*01 — la procédure inclut un examen des ressources des trois derniers mois.

Conditions d'éligibilité

Vous pouvez bénéficier du RSA si :

  • vous avez 25 ans ou plus (ou 18-24 ans avec enfant à charge ou activité professionnelle suffisante)
  • vous résidez en France de manière stable
  • vos ressources sont inférieures au RSA forfaitaire applicable à votre composition familiale
  • vous êtes de nationalité française ou en situation régulière depuis au moins 5 ans (sauf cas particuliers)

Fondement juridique

Le revenu de solidarité active (RSA) est régi par les articles L. 262-1 et suivants du Code de l'action sociale et des familles (CASF). Il a été institué par la loi du 1er décembre 2008 généralisant le RSA et réformant les politiques d'insertion (loi 2008-1249), succédant au revenu minimum d'insertion (RMI) créé par la loi du 1er décembre 1988 et à l'allocation de parent isolé (API).

Le cadre normatif a été significativement modifié par :

  • la loi 2015-1785 de finances pour 2016, qui a transféré la part « activité » du RSA vers la nouvelle prime d'activité (CSS L. 841-1) ;
  • la loi 2018-1203 du 21 décembre 2018, qui a précisé les obligations d'inscription et d'accompagnement ;
  • la loi 2023-1196 du 18 décembre 2023 « pour le plein-emploi », entrée en vigueur le 1er janvier 2025, qui a renforcé l'obligation d'inscription à France Travail et institué le contrat d'engagement avec 15 à 20 heures hebdomadaires d'activité d'insertion.

Le RSA est financé conjointement par l'État et par les départements. Le RSA socle (l'allocation différentielle classique) est à la charge des départements (art. L. 262-13 CASF) qui en assurent la gestion opérationnelle ; le versement est effectué par la CAF ou la MSA (régime agricole) pour le compte du département. Le RSA jeunes et certaines majorations spécifiques restent financés par l'État.

Conditions d'attribution

Le RSA est ouvert aux personnes (art. L. 262-2 et L. 262-4 CASF) :

  • âgées d'au moins 25 ans, ou âgées de 18 à 24 ans avec un enfant à charge (présent ou à naître), ou âgées de 18 à 24 ans avec une activité professionnelle d'au moins 2 ans à temps plein dans les 3 dernières années (RSA « jeunes ») ;
  • résidant en France de manière stable et effective — résidence principale en France au moins 9 mois par an ;
  • de nationalité française, ressortissants de l'EEE/Suisse, ou étrangers en situation régulière depuis au moins 5 ans avec titre de séjour autorisant le travail (sauf catégories exemptées : titulaires d'une carte de résident, réfugiés, apatrides, bénéficiaires de la protection subsidiaire) ;
  • dont les ressources sont inférieures au montant forfaitaire applicable à la composition familiale.

Le RSA est subsidiaire : avant de demander le RSA, il faut avoir fait valoir ses droits aux autres prestations (chômage, pension alimentaire, aides familiales, indemnités journalières, etc.). Le caractère subsidiaire est apprécié par le département à travers la commission des recours amiables (CRA).

Calcul du montant

Au 1er avril 2024, les montants forfaitaires mensuels du RSA s'établissent comme suit (art. R. 262-1 CASF, valeurs revalorisées chaque année au 1er avril sur l'inflation hors tabac) :

  • 635,71 € pour une personne seule sans enfant ;
  • 953,57 € pour un couple sans enfant ;
  • majoration de 190,72 € pour le 1er et le 2e enfant à charge ;
  • majoration de 254,28 € par enfant supplémentaire (3e enfant et au-delà) ;
  • majoration parent isolé : 816,11 € pour un parent isolé avec un enfant, +271,75 € par enfant supplémentaire (art. L. 262-9 CASF).

Le RSA versé est égal au montant forfaitaire diminué des autres ressources du foyer perçues sur les trois derniers mois (art. R. 262-6 CASF). C'est donc une allocation différentielle.

Exemple concret : une personne seule sans enfant qui a perçu 200 €/mois en moyenne sur les 3 derniers mois reçoit un RSA de 635,71 − 200 = 435,71 €/mois. Si ses ressources atteignent ou dépassent 635,71 €/mois, le RSA s'éteint automatiquement.

Ressources prises en compte

Conformément à l'article R. 262-6 CASF, les ressources retenues sont la somme des revenus nets perçus au cours des trois mois civils précédant la demande ou la déclaration trimestrielle. Sont concernés notamment :

  • les salaires nets et indemnités de stage ou apprentissage (avec un abattement variable lié à la prime d'activité) ;
  • les revenus d'activité non salariée — micro-entrepreneurs, indépendants ;
  • les allocations chômage (ARE, ASS, AER) ;
  • les indemnités journalières de la Sécurité sociale ;
  • les pensions de retraite, d'invalidité, alimentaires reçues ;
  • les revenus du capital et les revenus fonciers (avec une évaluation forfaitaire si les biens ne produisent pas de revenu déclaré).

Sont en revanche exclus du calcul : la prime d'activité, l'AAH, les allocations familiales, l'ASF, les bourses d'études, les aides personnelles au logement (APL/ALS/ALF — qui font l'objet d'un forfait logement séparé), les rentes accidents du travail, les indemnités de fin de contrat, et la majoration tierce personne.

Pour les indépendants et les auto-entrepreneurs, l'évaluation est fondée sur le chiffre d'affaires des 3 mois précédents avec abattement forfaitaire (50% à 71% selon l'activité). Une évaluation triennale peut être demandée pour les revenus très irréguliers.

Le forfait logement

Lorsqu'un bénéficiaire est logé gratuitement, propriétaire de sa résidence ou bénéficie d'une aide au logement (APL/ALF/ALS), un forfait logement est déduit du RSA — le législateur considérant que la dispense de loyer est une ressource implicite (art. R. 262-9 CASF).

Les montants 2024 du forfait logement sont :

  • 76,29 €/mois pour une personne seule (12% du montant forfaitaire de base) ;
  • 152,57 €/mois pour un couple sans enfant ou un parent avec un enfant (16%) ;
  • 188,84 €/mois à partir de 3 personnes au foyer (16,5% du montant forfaitaire applicable).

Le forfait s'applique en plus de l'APL effective : si tu touches APL + RSA, le forfait est retiré du RSA même si l'APL est faible. Pour les SDF ou les hébergés gratuits sans aide au logement, le forfait s'applique également.

Astuce : un changement de situation (déménagement, perte d'aide au logement) doit être déclaré dans le mois. La CAF met à jour le forfait au mois suivant.

Procédure de demande

La demande de RSA s'effectue par plusieurs canaux (art. L. 262-15 CASF) :

  • En ligne sur caf.fr via la rubrique « Mes démarches → Le revenu de solidarité active ». Authentification FranceConnect ou compte CAF.
  • Auprès du conseil départemental ou d'un organisme agréé (CCAS, MSA, organismes habilités).
  • Formulaire papier CERFA n° 15481*01 disponible en CAF/CCAS, à déposer avec les pièces justificatives.

La date de dépôt fait courir le droit (effet rétroactif au 1er du mois de dépôt, art. R. 262-31 CASF). La CAF transmet le dossier au département pour décision (typiquement 1 mois) puis met en paiement le mois suivant. Premier versement : généralement 5 à 8 semaines après le dépôt.

Pièces à joindre :

  • copie d'une pièce d'identité (CNI, passeport, ou titre de séjour valide depuis 5+ ans pour les non-UE) ;
  • relevé d'identité bancaire (RIB) ;
  • 3 derniers mois de justificatifs de ressources (bulletins de salaire, attestations France Travail, CAF d'autres prestations) ;
  • justificatif de domicile de moins de 3 mois ;
  • livret de famille ou actes de naissance des enfants à charge.

Déclaration trimestrielle des ressources (DTR)

Une fois le RSA accordé, le bénéficiaire est tenu de remplir la déclaration trimestrielle des ressources (DTR) via son espace allocataire CAF — quatre fois par an, en janvier, avril, juillet et octobre (art. R. 262-7 CASF). La DTR porte sur les revenus du foyer perçus pendant les trois mois civils précédents.

La DTR est obligatoire pour maintenir le versement. L'absence de DTR entraîne :

  • une relance automatique à 15 jours ;
  • la suspension du versement à 1 mois ;
  • la radiation du droit à 2 mois en l'absence de régularisation, avec nécessité de redéposer une demande.

La DTR couvre tous les membres du foyer : conjoint, partenaire de PACS, concubin, enfants à charge majeurs vivant au foyer. Une omission ou minoration des ressources d'un membre du foyer entraîne un indu à recouvrer (et, pour les cas répétés, une pénalité administrative).

Pour les bénéficiaires de la prime d'activité, la DTR est commune avec celle du RSA — un seul formulaire couvre les deux prestations.

La loi 'plein-emploi' 2024 et le contrat d'engagement

La loi 2023-1196 du 18 décembre 2023 « pour le plein-emploi » a profondément transformé le RSA à compter du 1er janvier 2025 (art. L. 262-27 et s. CASF modifiés). Trois changements majeurs :

  • Tous les bénéficiaires du RSA sont automatiquement inscrits comme demandeurs d'emploi à France Travail (organisme né de la fusion Pôle Emploi + missions locales) au moment de l'attribution.
  • Un contrat d'engagement personnalisé est signé avec France Travail dans les premières semaines, mentionnant 15 à 20 heures hebdomadaires d'activité d'insertion : recherche d'emploi, formation, stage, immersion en entreprise, accompagnement social, ou bénévolat associatif validé.
  • Un régime de sanctions gradué est instauré pour les manquements au contrat d'engagement : avertissement, suspension partielle (50%) puis totale du RSA, avec possibilité de récupération rétroactive en cas de régularisation rapide.

La généralisation du dispositif s'est faite progressivement entre 2024 (territoires expérimentaux) et 2025 (nationale). Plusieurs départements ont signalé des difficultés de mise en œuvre liées au sous-effectif des conseillers France Travail.

Les publics dispensés de l'obligation d'activité incluent : parents isolés avec enfant de moins de 3 ans, personnes en situation d'incapacité de travail attestée médicalement, et bénéficiaires en formation longue ou en parcours de soin lourds.

Indus, recouvrement et fraude

Lorsque le bénéficiaire perçoit un RSA supérieur à son droit (cd. indu), la CAF émet un titre de recouvrement (art. L. 262-46 CASF). Causes fréquentes : DTR omise ou minorée, ressources non déclarées, changement de situation non communiqué, erreur de calcul administratif.

Modalités de recouvrement (art. R. 262-44 CASF) :

  • Compensation sur les versements futurs — la CAF retient le montant indu sur les RSA suivants, dans la limite d'un quotient familial protégé qui ne peut ramener le foyer en dessous d'un seuil de subsistance.
  • Remboursement volontaire en une fois ou par échéancier négocié.
  • Recouvrement contentieux — saisine du juge si l'indu n'est ni compensé ni remboursé.

Pour les cas de fraude (dissimulation volontaire, fausses déclarations, fausses pièces), les sanctions sont graduées :

  • Pénalité administrative jusqu'à 3 fois le PMSS (~11 100 € en 2024) — art. L. 262-52 CASF.
  • Suppression du RSA pendant 1 à 12 mois selon la gravité.
  • Poursuite pénale pour escroquerie aux prestations sociales (art. 313-1 ou 441-6 du Code pénal) — 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende.

Recours amiables

Tout bénéficiaire qui conteste une décision RSA dispose d'une voie de recours amiable obligatoire avant la saisine du juge.

Recours administratif préalable obligatoire (RAPO) dans un délai de 2 mois à compter de la notification (art. L. 262-47 CASF), à présenter par écrit au conseil départemental qui a pris la décision (refus, suspension, indu, sanction). Le département dispose lui-même de 2 mois pour répondre ; le silence vaut décision implicite de rejet, ouvrant droit à la voie contentieuse.

Le RAPO est gratuit, sans avocat obligatoire, et peut être déposé :

  • par courrier recommandé au conseil départemental ;
  • sur l'espace allocataire CAF (la CAF transmet au département) ;
  • en personne au guichet du département ou du CCAS, qui rédige un procès-verbal de réception.

Pour préparer un RAPO solide, il est utile de joindre les pièces nouvelles (justificatifs de ressources oubliés, avis d'imposition récent, attestation médicale) et un argumentaire écrit de 1-2 pages. Les associations de défense (Secours catholique, ATD Quart Monde, Médiation départementale) accompagnent gratuitement les requérants.

Recours contentieux

Si le RAPO échoue, le requérant peut saisir le juge. La compétence dépend de la nature du litige.

Pôle social du tribunal judiciaire (art. L. 142-9 CSS et L. 142-1 CASF) — pour les litiges sur :

  • le calcul du RSA et la fixation des ressources prises en compte ;
  • les indus CAF et leur recouvrement ;
  • le régime de sanctions du contrat d'engagement (depuis 2025).

Délai : 2 mois à compter de la notification de la décision sur RAPO ou de l'expiration du délai de réponse implicite.

Procédure gratuite, représentation par avocat non obligatoire mais conseillée pour les contentieux complexes. Aide juridictionnelle sous condition de ressources : prise en charge totale en 2024 jusqu'à 12 838 € de revenu fiscal annuel.

En cas de jugement défavorable, l'appel est possible devant la cour d'appel, sous-section sociale, dans un délai d'un mois. Pourvoi en cassation en dernier recours, exclusivement sur des questions de droit, avec un avocat aux Conseils.

Cas particuliers

Plusieurs situations méritent attention :

  • Étudiants — exclus du RSA s'ils ne remplissent pas la condition d'activité professionnelle (RSA jeunes). Pour les étudiants stagiaires rémunérés au-delà du seuil, possible bénéfice partiel.
  • Travailleurs détachés à l'étranger — perdent le RSA pendant la durée de leur mission, sauf maintien si la résidence principale française reste occupée par le conjoint et les enfants pendant la mission.
  • RSA et auto-entrepreneurs — cumul possible, calcul sur le chiffre d'affaires des 3 mois précédents. La période de démarrage (premier trimestre d'activité) bénéficie d'une évaluation forfaitaire à zéro.
  • RSA et couples séparés — chaque ex-conjoint peut faire valoir son propre droit ; les enfants en garde alternée sont rattachés au foyer désigné par les parents (généralement chez celui qui touche les allocations familiales).
  • Cumul RSA + AAH — non permis : le RSA est un minimum résiduel et l'AAH est plus favorable, donc on ne perçoit que l'AAH.
  • RSA et prime d'activité — cumulables : le RSA couvre la situation de non-emploi ou faible activité, la prime complète les revenus du travail. La DTR est commune.
  • RSA et carte mobilité inclusion — non lié, mais une attribution AAH ou la reconnaissance comme travailleur handicapé peuvent ouvrir des droits annexes.
  • Bénéficiaires du RSA en CDI — possibles si le revenu est très faible (temps partiel court). La période d'embauche bénéficie de la prime d'activité plutôt que du RSA dans la plupart des cas.

Cumul avec d'autres aides

Le RSA est compatible (cumulable) avec :

  • APL / ALS / ALF — aides au logement, sous réserve du forfait logement (cf. section dédiée).
  • Prime d'activité — pour les heures travaillées au-delà du seuil RSA.
  • Allocation de soutien familial (ASF) — pour les parents isolés.
  • Allocation de rentrée scolaire (ARS) — versée à toutes les familles à revenus modestes en août.
  • Bourses d'études du CROUS pour les enfants étudiants à charge.
  • Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C / Complémentaire santé solidaire) — automatiquement attribuée aux foyers RSA sous conditions.
  • Tarifs sociaux énergie / eau — chèque énergie automatique, abattements sur factures.

Le RSA est incompatible avec :

  • l'AAH (cf. ci-dessus) ;
  • l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ;
  • l'allocation de solidarité spécifique (ASS) — choix à faire entre les deux ;
  • l'allocation veuvage.

Pour optimiser ses droits, le bénéficiaire peut utiliser le simulateur officiel mes-aides.gouv.fr, qui calcule en quelques minutes les prestations cumulables et leur montant estimé.

Associations et accompagnement

Plusieurs associations spécialisées accompagnent gratuitement les bénéficiaires actuels et futurs du RSA :

  • Secours catholique (secours-catholique.org) — accompagnement budgétaire, aide aux démarches, défense devant les commissions.
  • ATD Quart Monde (atd-quartmonde.fr) — défense juridique des droits des personnes en grande précarité, plaidoyer législatif.
  • Croix-Rouge française (croix-rouge.fr) — aide alimentaire, hygiène, accès aux soins, accompagnement social.
  • Restos du Cœur (restosducoeur.org) — aide alimentaire, ateliers d'insertion, microcrédits.
  • Médiation conseil départemental — chaque département dispose d'un médiateur dédié aux litiges RSA.
  • UDAF (udaf.fr) — accompagnement budgétaire et juridique pour les familles.

Pour les démarches en ligne, les maisons France Services (~2 700 sur le territoire) proposent un accompagnement gratuit aux personnes éloignées du numérique : aide à remplir le formulaire CAF, à préparer le RAPO, à ouvrir un FranceConnect.

Le droit au compte bancaire (art. L. 312-1 du Code monétaire et financier) garantit à tout bénéficiaire de minima sociaux l'ouverture d'un compte bancaire de base, gratuit, sur désignation par la Banque de France si une banque a refusé l'ouverture.

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